Moulin du domaine · Grignols (24)
Huile de noix artisanale
Cassée, triée, broyée, chauffée en poêle puis pressée sous 100 tonnes, chez nous. Pas de raffinage, pas de solvant, pas de mélange : une huile de noix artisanale, c’est d’abord un moulin et un moulinier.
« Artisanal» : ce que le mot devrait garantir
Autant le dire tout de suite : le mot « artisanal » n’est pas protégé sur une étiquette d’huile. N’importe qui peut l’écrire. C’est pour ça qu’il vaut mieux regarder le procédé que l’adjectif.
Une huile de noix artisanale, dans les faits, c’est une huile obtenue par pression mécanique, à partir de cerneaux entiers, dans un moulin qui traite des lots par environ 30 kilos. Elle sort trouble, on la laisse décanter, on la filtre, on la met en bouteille. Elle n’est ni raffinée, ni désodorisée, ni décolorée — et c’est pour cette raison qu’elle a du goût.
À l’autre bout, une huile de noix de grande distribution à quelques euros le litre est très souvent une huile raffinée, parfois obtenue par extraction au solvant, neutralisée puis désodorisée, et issue d’un mélange de provenances. Le produit est stable, régulier, bon marché. Il ne sent presque rien.
Artisanale ou industrielle : ce qui change vraiment
| Huile artisanale de moulin | Huile de noix industrielle | |
|---|---|---|
| Extraction | Pression mécanique | Pression puis souvent extraction par solvant |
| Après pressage | Décantation puis filtration mécanique | Raffinage, neutralisation, désodorisation |
| Origine des noix | Identifiable, souvent locale | Mélange de provenances |
| Couleur et odeur | aune a Ambrée, parfum de noix marqué | Pâle, odeur discrète |
| Taille des lots | Quelques dizaines de kilos | Plusieurs tonnes |
C’est le seul critère qui vaut au moment d’acheter : demandez comment l’huile a été extraite. Pour les huiles sous appellation, le cahier des charges est public : celui de l’Huile de noix du Périgord se télécharge sur le site de l’INAO (PDF). Un producteur artisanal répond en trois phrases et avec plaisir.
Pressée à chaud ou à froid ? Notre réponse
« Pressée à froid » est devenu un argument de vente, au point qu’on suppose que c’est toujours mieux. Pour la noix, ce n’est pas si simple — et nous avons tranché : nous ne faisons que du pressage traditionnel à chaud.
Dans la méthode périgourdine, la pâte de cerneaux passe en poêle avant la presse. Cette chauffe douce évapore l’humidité et déclenche les réactions qui donnent à l’huile ses arômes de pain grillé et de noix torréfiée. Sans elle, on obtient une huile plus claire, plus discrète, plus végétale. Avec elle, on obtient le goût que les gens du Périgord appellent « l’huile de noix ».
- À froid : arômes plus légers, couleur plus pâle, rendement plus faible. C’est une huile fine, qui plaît à ceux qui trouvent la noix trop présente.
- À chaud, méthode traditionnelle : arômes grillés, couleur ambrée, longueur en bouche. C’est la nôtre, et c’est celle qui tient tête à un roquefort ou à une salade de betterave.
- Ce que « à chaud » ne veut pas dire : ce n’est pas une cuisson à haute température ni un raffinage. La chauffe reste modérée et surveillée à l’œil ; poussée trop loin, elle donne de l’amertume, et le lot est perdu.
Autrement dit, « à froid » n’est pas un gage de qualité supérieure pour la noix : c’est un autre profil de goût. Ce qui compte, c’est que la chauffe soit maîtrisée — et c’est précisément ce qu’un moulin artisanal peut surveiller, lot par lot, là où une ligne industrielle applique un barème.
Le geste, du cerneau à la bouteille
Cinq étapes, aucune raccourcie. C’est ce qui sépare une huile de moulin d’une huile de cuve.




1. Casser et trier
Les noix sont séchées puis cassées, et les cerneaux triés. Un cerneau rance ou moisi suffit à marquer tout un lot : c’est l’étape la plus ingrate et la plus déterminante. Il faut environ deux kilos de cerneaux pour un litre d’huile.
2. Broyer
Les cerneaux passent au broyeur jusqu’à former une pâte homogène. Le broyage libère la matière grasse et prépare la chauffe : trop grossier, l’huile reste dans le tourteau ; trop fin, la pâte colle.
3. Chauffer en poêle
La pâte est remuée dans une poêle chauffante. C’est l’étape qui décide du goût final, et la seule qui ne se délègue pas : on surveille la couleur et l’odeur, pas un minuteur. Quelques minutes de trop et l’amertume s’installe.
4. Presser
La pâte chaude part sous la presse hydraulique, qui peut monter jusqu’à 100 tonnes. L’huile s’écoule à travers le scourtin ; il reste le tourteau, ce galet compact qui donnera notre farine de noix.
5. Décanter et filtrer
L’huile sort trouble. On la laisse décanter : les fines particules de cerneau tombent au fond, on soutire. Puis on filtre, mécaniquement, pour obtenir une huile limpide qui se conserve mieux et ne dépose pas dans la bouteille.

Décantation et filtration retirent des particules, pas des arômes — rien à voir avec un raffinage, qui neutralise et désodorise l’huile. Rien n’est ajouté, rien n’est rechauffé : ce qui est en bouteille est ce qui est sorti de la presse, simplement clarifié.
Vous avez vos propres noix ? Nous pressons aussi à façon : vous apportez vos cerneaux, vous repartez le jour même avec votre huile.
Nos deux huiles de noix artisanales
Même moulin, même geste, deux intensités. Disponibles en 10 cl, 25 cl, 50 cl et 1 L.

Huile de noix du Périgord AOP
La plus fine. Le cerneau frais.
Douce et fruitée, portée par l’appellation d’origine protégée qui garantit les variétés et l’aire de production. C’est celle qu’on sert sur un fromage de chèvre frais ou une salade de mâche, quand on veut que la noix parle sans couvrir le reste.
Tout sur son origine, ses variétés et ses usages en cuisine : la page dédiée à l’huile de noix du Périgord AOP.

Huile vierge de noix La Traditionnelle
La plus franche. Le cerneau torréfié.
Élaborée à partir de cerneaux torréfiés : couleur plus soutenue, notes grillées prononcées, longueur en bouche remarquable. C’est l’huile des plats qui ont du caractère — lentilles, haricots blancs, endives au roquefort, légumes rôtis.
Médaille d’Or 2026 au Concours des Saveurs.
Cinq repères pour reconnaître une vraie huile de noix artisanale
- La mention « vierge ». Elle signifie que l’huile vient uniquement d’une pression mécanique, sans raffinage. Son absence sur une étiquette est le premier signal à regarder.
- Le nom d’un moulin ou d’un producteur. Pas seulement une marque et un code postal de conditionneur. Une huile artisanale a une adresse.
- La couleur. Ambrée à brun doré si elle est issue de cerneaux torréfiés, jaune paille si elle est pressée à froid. Une huile quasi incolore a très probablement été raffinée.
- L’odeur à l’ouverture. Elle doit sauter au nez. Une huile de noix qui ne sent presque rien a perdu ses arômes, par raffinage ou par oxydation.
- Le prix. Il faut environ deux kilos de cerneaux pour un litre. En dessous d’un certain seuil, l’arithmétique ne tient pas : ce n’est pas la même huile.
Un sixième repère, moins connu : une huile de noix artisanale se garde à l’abri de la lumière et se consomme dans l’année. Si on vous en vend une en bouteille transparente posée en vitrine plein soleil, le producteur a déjà répondu à votre question.
Questions fréquentes sur l’huile de noix artisanale
Quelle différence entre huile de noix artisanale et huile de noix vierge ?
« Vierge » est une mention réglementée : elle garantit une extraction par procédé mécanique, sans raffinage. « Artisanal » n’est pas protégé et décrit une échelle de production et un savoir-faire. Les deux vont souvent ensemble, mais seul « vierge » vous dit quelque chose de vérifiable sur le procédé.
Le pressage à froid est-il meilleur que le pressage à chaud ?
Non, ce sont deux profils différents. Pour la noix, la méthode traditionnelle du Périgord passe par une chauffe douce de la pâte, qui développe les arômes grillés caractéristiques. À froid, l’huile est plus pâle et plus discrète. Nous pressons uniquement à chaud, selon la méthode traditionnelle.
Peut-on faire cuire une huile de noix artisanale ?
Mieux vaut l’éviter. Elle est faite pour l’assaisonnement : la chaleur d’une poêle détruit les arômes qu’on a passé une matinée à construire, et la rend amère. Ajoutez-la en fin de cuisson, hors du feu, ou à cru.
Combien de noix faut-il pour un litre d’huile ?
Environ deux kilos de cerneaux, soit à peu près quatre à cinq kilos de noix en coque selon les variétés et le rendement au cassage. C’est ce rapport qui explique le prix d’une huile de noix artisanale.
Peut-on faire presser ses propres noix ?
Oui, c’est le pressage à façon : vous apportez vos cerneaux au moulin et vous repartez le jour même avec votre huile. Voir comment ça se passe.
Où acheter notre huile de noix artisanale
Au moulin
Click & collect : commandez en ligne et venez récupérer votre commande impasse de Peyrignolles, à Grignols (24110).
Sur les marchés
Retrouvez-nous au marché de Saint-Astier, pour goûter les deux huiles côte à côte avant de choisir.
Livraison en France
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